Portrait de formateur #1 : Jean-Michel Robin

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Jean-Michel Robin, expert KSB

En quoi consiste le métier de formateur dans le secteur des pompes et de la robinetterie industrielle ? Réponse avec Jean-Michel Robin, formateur réseaux eaux usées au Training Center de KSB, qui nous raconte son métier au quotidien.

 

Pourquoi êtes-vous devenu formateur ?

C’est tellement évident que c’est compliqué d’en parler. J’ai beaucoup appris et reçu de mes collègues et de mes clients, il est très difficile de garder cela pour moi. Le partage est naturel. En étant formateur, maintenant c’est dans l’autre sens.

Pourquoi la formation est-elle si importante ?

Qui aurait l’idée de démarrer sa voiture en 5ème vitesse, ou de rouler sur l’autoroute en 3ème ? Personne ! Et pourtant, dans le pompage, ces idées ne sont pas toujours mises en œuvre. C’est en cela que consiste la mission de la formation : permettre d’acquérir les fondamentaux mais aussi de mettre en œuvre les bonnes pratiques.

Pour prendre un exemple simple, aujourd’hui, dans une voiture, nous avons beaucoup d’outils qui nous permettent d’être assisté. Mais fondamentalement, il faut savoir conduire la voiture pour juger si ces assistants remplissent leur mission. Dans le domaine du pompage, c’est pareil. Il faut connaître le système pour comprendre si tout fonctionne convenablement.

Comment se passe une session avec les apprenants ?

Au début de chaque session, je leur pose la question suivante :  si vous êtes présents aujourd’hui, c’est que vous avez un objectif. Lequel ? Que souhaitez-vous avoir vu pour que, au lendemain de la formation, vous puissiez mettre en pratique ce que vous aurez appris ? Quelles sont les bonnes pratiques que vous mettrez en application après cette formation ?

Il en ressort que les apprenants souhaitent pouvoir progresser, c’est-à-dire que demain soit plus facile qu’hier.

A partir des besoins réels des apprenants, nous revoyons ensemble les éléments incontournables à intégrer dans le contenu du programme. Et surtout, nous voyons par la suite les problèmes concrets du quotidien de chacun.

Quels sont les retours sur la formation ?

Les apprenants sont généralement satisfaits et me remercient à l’issue de la formation. Ils sont nombreux à la recommander et à revenir pour une session complémentaire.

Il existe différents niveaux à cette formation (comme pour une maison : fondation, 1er étage, 2ème étage….). J’ai pu constater que les apprenants ont toujours une ouverture d’esprit qui leur donne envie d’aller plus loin.

Y a-t-il des aspects étonnants dans la formation ?

Ce qui peut être étonnant, c’est l’évidence. Il arrive que l’on fasse une démonstration qui provoque des réactions, non pas parce qu’il s’agit d’un cas complexe, mais bien au contraire, par ce qu’il s’agit d’une évidence qu’ils ont déjà rencontrée sans pouvoir comprendre. Mais surtout la formation surprend par la qualité du partage entre le formateur et les apprenants à travers l’écoute, la compréhension, les questionnements. 

Quels sont les changements dans votre activité qui ont fait évoluer la formation ?

L’automation et tous les systèmes d’assistance ont apporté beaucoup de changements. Par exemple, les variateurs de vitesse étaient autrefois très rares. Aujourd’hui, ils sont devenus incontournables et il est même essentiel de savoir mettre à profit tous les avantages de la variation de vitesse. Il a fallu intégrer ces nouveaux éléments dans les formations.

Quels sont les atouts d’une formation dispensée par un constructeur ?

La formation que je dispense se base sur 25 ans de terrain, de pratique quotidienne réelle à partir de tout ce que les professionnels vivent. Je ne suis pas dans le théorique, je suis un formateur pratico-pratique. C’est pourquoi je peux offrir une formation qui correspond aux réalités du terrain.

Quel est la spécificité de la formation chez KSB ?

KSB donne la possibilité à ses anciens collaborateurs de partager leur savoir. C’est une entreprise allemande qui a la culture de l’apprentissage. J’ai bénéficié en interne de cette culture et aujourd’hui je parle de pompes de toutes les couleurs. Il s’agit de faire la promotion du savoir-faire et non  de la marque.

L’important réside dans l’expertise de la formation. Nos formations sont certifiantes et homologuées dans un parcours qualifiant. Elles sont créées, bâties et pensées par des formateurs expérimentés à des fins pratiques.

Par ailleurs, nos méthodes de travail ont évolué puisque nous avons intégré le e-learning et maintenant la réalité virtuelle dans nos formations. Le e-learning permet de constituer des groupes de niveau homogène.

Quant à la réalité virtuelle, c’est un nouveau support particulièrement intéressant puisque nous pouvons désormais travailler sur des mises en situation qu’il serait difficile de reproduire autrement. Autrefois, tous les apprenants se mettaient autour d’un banc et seulement deux d’entre eux pouvaient réaliser les manipulations. Maintenant, tous les apprenants sont mis en situation grâce à la réalité virtuelle. C’est plus ludique, plus moderne, plus efficace aussi car chacun peut et doit faire les manipulations.

Qu’est-ce qui vous rend fier de votre métier ?

Quand les gens font aaaaah … !

Avez-vous une envie pour l’avenir ?

Le développement de la réalité virtuelle dans la formation. Je souhaite que la réalité virtuelle offre aux apprenants des mises en situations depuis les premiers pas d’utilisation jusqu’à la maintenance, qu’ils sachent comment donner une vie tranquille à la pompe.

Idéalement, il serait très bénéfique de pouvoir faire la synthèse, d’avoir une formation globale avec un lien entre tout le système, la machine et l’environnement ( la génie civil, le réseau, la commande…).

Le pompage, qu’est-ce que cela dit de la vie ?

Il est vu comme un composant, cependant, il est souvent le cœur du système. Pour donner la juste valeur au pompage, il est fondamental de s’y intéresser avant, pendant et après l’installation.